Qui n’êtes vous pas?

Vous voila invité à une sorte de portrait négatif.

Au début, cela semble un peu bizarre…

Mais vous verrez:

c’est beaucoup plus discret,

et tellement, tellement plus doux

comme une photo plus sensible…

Rien, c’est beaucoup

mieux que tout,

surtout

quand il faut dire…

19 réflexions sur “Qui n’êtes vous pas?

  1. Cela n’est pas plus bizarre que de dire qui je suis! C’est toujours l’ego qui est sollicité et dans les deux cas je ne peux l’exprimer!
    La certitude est que je ne suis pas les monstres qui m’ont engendrés et à qui j’ai pardonné pour enfin vivre en donnant le meilleur de moi-même. Ce que je ne suis pas, c’est le mal; Pourtant puis je l’affirmé? Je ne me souhaite pas de vivre une situation qui m’amènerai à commettre l’irréparable face à un être cruel qui m’obligerai à réagir avec dureté.
    Alors ce que je ne suis pas, c’est une femme sans cœur, insensible, égoïste, superficielle, malhonnête, hypocrite, perverse, calculatrice, manipulatrice, méchante, etc…
    Et là je me suis exprimée! Mon ego est blessé, attristé car il comprend les larmes aux yeux qu’il ne peut faire le mal. Le mal qu’il n’a que trop subit et qui l’a amené à une compréhension de la vie, une certitude à ses choix.
    Très seul dans mon idéologie de vie que j’aspire à aucun vice si ce n’est mon parfum qui flatte et met en valeur la personne que je suis.
    Puis je affirmé que je ne suis pas vaniteuse?
    Ce qu’il a de sûre est que je ne suis pas sans humour, ni enthousiasme, ni joyeuse, je ne suis pas quelconque!

  2. Alors voilà ce que je sais,
    je ne suis pas ce que je crois être.
    Je ne suis pas toi, ou elle, ou lui.
    Je ne suis pas le vent qui soulève le sable sans relâche
    Ou qui pousse celui que je soulève en me déplaçant
    (je ne suis donc pas inerte, ni donc Terre).
    Je ne suis pas train sur ses rails qui lui disent où il faut aller.
    Je ne suis pas Eau qui porte ou qui allège toute chose,
    Je ne suis donc pas fort.
    Je ne suis pas Feu car je ne consume pas ce qui m’approche.
    Je ne suis pas Lumière car je vois les ombres de toutes choses que je devrais éblouir.
    Je ne suis pas le Son cosmique, il faudrait pour cela que je ne sois pas là mais partout.
    Je ne suis pas la Vie, car au bout de mon chemin je ne pousserai plus mon corps à le continuer.
    Je ne suis pas Temps, son fil est plus que long, et un segment de lui n’est plus lui.

    Alors qui suis-je si je ne suis ce qui compose la nature ?

    Je ne suis pas Dieu quoi que je le sente parfois m’interroger comme une voix intérieure.
    Je ne suis pas la chose surprise qui ferait quoi que ce soit sans la savoir au moins un peu.
    Je ne suis pas conscience, je sens trop mon corps qui pèse ou qui coince.
    Je ne suis ni l’apôtre, ni le boulanger, ni le menuisier, ni la jeune file qui passe en riant.
    Je ne suis pas la robe qui t’habille et vit de tes formes.
    Je ne suis pas l’aiguille sur le dos de l’oursin ni l’aile de papillon au millier de teinte.
    Je suis peut-être le bleu du ciel, sans lieu ni nature, mais non il fait le tour de tout et donc de moi.
    Je ne suis pas et en même temps je crois que je suis mais je ne suis pas un chat de Schroedinger ni d’un autre.
    Je ne suis pas relation d’incertitude, ça c’est sûr, relation ou intrication ? Peut-être…
    Je ne suis pas ce qui finit car je crois que je commence depuis toujours.
    Je ne suis pas ce qui est entre le début et la fin, peut-être ce qui embrasse les deux et en même temps les voit du dedans comme du dehors…
    Va savoir dans tout ce qui reste, ce que je peux être…
    Rien et tout à la fois ; c’est la seule solution envisageable, et la plus sage.

    Alors, ne suis-je pas l’étranger en ce monde, comme toi mon ami ?
    Ne serions-nous pas simplement les électrons libres d’une diaspora ?
    Les gouttes d’eau qui roulent les unes avec les autres pour faire le fleuve ?
    Les flammes qui veulent transformer la Terre en Soleil ?
    La voix terrestre du Divin ?
    Le corps vivant qui peut dire « suis-je ou ne suis-pas ? » ?….

  3. Je ne suis pas douée en mathématique.

    Du moins, est-ce ce que ma scolarité m’a laissé comme certitude – jusqu’au jour où j’ai eu un cours (un embryon de cours) de mathématiques financières. L’intérêt simple et l’intérêt composé – réputé plus difficile. Je me suis « coltinée » une interro – en cours du soir, alors que je travaillais à temps plein, sans m’attendre à de grands résultats et j’ai eu un… 14/20. Je n’ai pas continué l’expérience, il s’agissait d’un cursus de comptabilité et j’étais aussi peu faite pour la comptabilité qu’un poisson pour la terre ferme.

    Mon père, qui lui, était comptable disait parfois en riant « avec toi, ce serait la comptabilité en trouble… » (Soit).

    Puis, j’ai suivi un cours de mathématique dans le cadre d’un nouveau cursus, d’urbanisme cette fois (j’aurai vraiment fait de tout dans ma vie). On devait concocter un petit dossier reprenant trois matières étudiées au cours en les appliquant à des situations urbanistiques concrètes. J’ai fait mon dossier et l’ai défendu à l’examen, puis, j’ai bavardé à bâtons rompus avec le professeur et évoqué mon fils, qui commençait ses primaires et qui lui, était doué ou me paraissait doué en calcul et en arithmétique.
    « Ah! Il est comme vous alors? » m’a dit le prof.

    Je crois que je n’ai jamais été aussi stupéfaite de ma vie. C’était vraiment la première fois – et j’avais environ trente-cinq ans, qu’un professeur me disait que j’étais douée en math! J’aurais assez tendance à penser qu’il avait été favorablement influencé par le fait que 1) j’avais suivi son cours sans « sécher » ou « brosser » comme on dit à Bruxelles et que 2) j’étais justement une femme d’environ 35 ans.

    Et cette année d’urbanisme, heureusement, m’a et beaucoup appris et beaucoup donné.

    Les mathématiques! Ce fut le cauchemar de toute ma vie d’élève de primaire (les fractions, les problèmes, le passage à la dizaine, la terreur que je ressentais envers mon institutrice) et de secondaire (presque autant d’examens de passage que d’années d’études!) Et pourtant, curieusement, sur mon diplôme, je ne suis pas sortie de latin-grec, mais de latin-mathématique…

    Et puis cette autre anecdote. Je passe un examen d’embauche – pour une place de secrétaire dans une école commerciale. Devant moi, un test de logique mathématique à faire en deux minutes (ou à peine plus). je cherche la solution – il s’agissait d’une histoire de balles de ping-pong, et puis, je renonce, c’est trop compliqué, je ne trouverai jamais (puisque je ne suis pas douée). A la fin du test, parfaitement calme, j’ai relu l’énoncé, et puis, comme ça, par jeu, j’ai mis une solution qui est sortie presque malgré moi sur le papier, en quelques secondes chrono, j’ai littéralement « lâché prise ». Et j’ai appris, l’après-midi, lors du test oral, que j’étais une des rares à avoir réussi ce test. Ce test-là, je précise, car il y avait d’autres tests de logique où je me suis trompée. Finalement, je n’ai pas été embauchée, heureusement ou malheureusement, mais je puis dire que c’est une journée qui – à l’époque- m’a redonné confiance en moi et j’en avais besoin.

    Il reste que je ne suis pas très rapide en calcul, que je ne me souviens pas à quoi les intégrales pouvaient bien servir et que mon cauchemar de dernière année, c’étaient les intégrales, justement, la géométrie dans l’espace et les probabilités.

    Mais il est évident que si j’avais éprouvé, pour les mathématiques, la passion que je vivais à fond pour mes dissertations et mes Lagarde & Michard, et que si j’avais consacré à mon cours de math le temps que je consacrais à l’histoire et au français, j’aurais certainement été considérée comme étant beaucoup plus douée en mathématique, et peut-être – qui sait – eu davantage confiance en moi.

    A part cette question-là, je suis et ne suis pas une femme comme tout le monde.

    Bref, comme le dit un dicton populaire bruxellois, « je puis courir en-dessous de la pluie comme tout le monde ».

  4. Je ne suis pas… Tout à fait certain de savoir qui je suis exactement au moment où je rédige ce commentaire. Mais je ne suis pas un autre, puisque je parle toujours de moi en employant le pronom « JE » !
    J’espère surtout, que je ne suis pas… Le contraire de ce que je crois être…

  5. … du mal de nous.
    Je sais, comprends, maîtrise et pourtant ne peux m’empêcher de médire sans y penser pour gommer sans me tâcher sur un mauvais sujet souvent au grand malheur plus à plaindre qu’à craindre. Et si fait me voilà dans le piège car, quelle différence y mettre, quand je montre du doigt avec ma langue sans la tirer juste en la faisant jaser. Il faut faire semblant de ne pas se comprendre tant les mots ricochent d’un portrait dressé par des caractères mis au shaker. Est-ce moi ? C’est tout le monde. Est-ce si négatif ? Ce n’est qu’une couverture. Est-ce insoluble ? Ce n’est qu’en l’ouvrant que tu le sauras. Écraser un insecte, c’est un début. Tuer le père et la mère, une vie n’y suffirait pas autant la passer à arroser ce qu’il sort de nous. Partir se tuer ou se faire tuer pour une société, une religion, un amour qui a une drôle d’allure, c’est la voie de l’oiseau assurément.
    Le cacatoès sera faire mon portrait en imitant jusqu’à mes intonations, il saura vous faire rire, rendre positif la chiure fertile, l’herbe montée en graines, les sédiments racontant les siècles d’un guerrier qui court toujours en liberté. Le rétropédalage va quitter leur tête, quand ils entendront le cacatoès, je serais aussi présente que lui, je n’aurais pas changé, eux oui, et il s’entendra de son bec des vers en alexandrins, des rimes faciles, une réplique identifiable qui feront tomber leur tête de n’avoir pas su me rencontrer.
    Sinon en vrai, je suis une femme remarquable.
    (merci Gurdjieff)

  6. Je m’y recolle à travers une petite annonce matrimoniale… :
    Annonce N°708avJC Vous n’êtes pas grosse, blette, vielle et barbue ni obsolète. Je ne suis pas ce que vous ne pensez pas, je ne suis pas beau ni laid, je n’ai pas 28 ans ni 85, je ne mesure pas 1m90 pour 95 kg si 1m50 pour 40 kg. Je n’ai pas les yeux rouges mais j’aime les douceurs italiennes. Écrire au journal avec le N° de l’annonce, je ne vous y attends pas, je n’y travaille pas non plus mais le journal transmettra sans doute à quelqu’un(e) puisque moi, je ne suis pas.

  7. Je ne suis pas seule, et finalement c’est la chose la plus importante. Celle que je me répète encore et encore pour arriver un jour à enfin le croire. Celle qui me fait avancer même dans les moments les plus noirs. Celle qui me réchauffe le coeur chaque jour.
    Je ne suis pas inutile. Je ne suis pas remplaçable. Je ne suis pas haïssable. J’ai mis longtemps à m’en convaincre et à en être certaine. A finalement, me dire que je mérite d’être aimée et que je le suis.
    Je ne suis pas particulièrement douée pour les relations, mais je ne suis pas non plus particulièrement nulle. J’apprends jour après jour. Je m’améliore avec leur aide.
    Je ne suis pas parfaite, ni complètement guérie. Néanmoins, peut-être qu’un jour je serais enfin la meilleure version de moi-même.

  8. Je ne suis pas Marguerite Yourcenar. Et c’est affreux ! Enfin non, si j’avais été à la place de Marguerite Yourcenar, je serais morte et enterrée. Dans l’Ile du Mont-Désert, d’accord (je crois), mais je n’aurais plus aucun espoir de pouvoir encore faire quelque chose.

    Je n’ai pas rencontré de Grace Frick non plus. Ni d’Alice Toklas (là, je passe à Gertrude Stein, mais je n’ai jamais souhaité ressembler à Gertrude Stein! Sauf que je l’aime bien dans « Midnight in Paris »…)

    Je ne suis pas plein de choses et je le regrette. Mais peut-être est-ce parce que j’ai trop chaud. Cela fausse la pensée. Ainsi, quand on me dit que je suis une femme intelligente, cela m’énerve. D’abord, je ne suis pas très intelligente ou disons, pas plus que la moyenne, et en plus, avec l’âge (et la chaleur), cela diminue singulièrement les capacités. Il me semble que si j’étais intelligente, j’aurais mieux gouverné ma vie. Mais peut-être qu’intelligente ou non, j’aurais pu plus mal la gouverner aussi. Certainement même.

    C’aurait pu être pire, nettement pire. Donc, peu importe.

    Je suis à l’âge où l’on fait des bilans. On voudrait (non, je voudrais) réécrire l’histoire et à quoi bon ? Comme je l’ai lu chez une charmante dame, « on ne photographie jamais deux fois le même fleuve » (ce n’est pas de moi).

    Voyons, qu’ai-je souhaité à mon fils quand il est né ? J’essaie de me souvenir. Je souhaitais qu’il ne soit pas un littéraire. Qu’il soit beau, riche et intelligent. En clair, je trouvais qu’être mauvaise en mathématiques (voir plus haut) et bonne en littérature, en histoire et dans les cours de sciences humaines, cela m’avait été finalement nuisible, non pas nuisible, mais cela ne m’avait pas facilité la vie professionnelle. Vous vous imaginez? Etre trilingue en langues mortes, aujourd’hui ? Avoir fait du latin et du grec (et ne même plus s’en souvenir!) Alors que je vis dans un pays où il faut connaître l’anglais et le néerlandais?

    Et finalement, j’ai un fils qui a tout eu: le latin et le grec, l’anglais et le néerlandais en prime. Et le français.

    Sauf que, finalement, cette vie professionnelle, je l’ai terminée dans ce que je voulais faire. Donc, mon fils est finalement devenu un « littéraire » disons – pas comme moi, c’est un technicien de la langue, et moi qui ne voulais pas qu’il soit littéraire, je voudrais pourtant que la flamme, comme dire ? La flamme, le potentiel de création, éclose un jour pour lui. Je ne suis pas logique avec moi-même. Je suis sûre qu’elle est là, quelque part, cette « flamme » (ou ce potentiel), mais avec une mère qui se prenait pour une poétesse, et un père qui a fait carrière dans le dessin… La peinture, le portrait, l’infographie, il y avait de quoi être dégoûté.

    Non, je ne suis pas logique avec moi-même. Je veux et ne veux pas des choses pour celui que j’aime le plus au monde, en réalité, ce que je voudrais, c’est qu’il soit heureux. Je ne suis pourtant pas superstitieuse, mais je me dis que quand il était petit, j’aurais dû dire « je voudrais qu’il soit juste heureux ».

    Je voulais et ne voulais pas qu’il me ressemble. Non, ce n’est pas cela. Je voulais lui transmettre ce que j’avais reçu de meilleur, et je crois que j’ai réussi, au-delà de toute espérance – et tenant compte de la difficulté de vivre, mais je m’éloigne de la consigne d’écriture (et en plus, je suis trop longue), ou alors, pour respecter la consigne, je devrais dire, je ne sais pas si j’ai été une bonne mère.

    Au vu de tout ce que je ne suis pas, peut-être ai-je tout de même une chance de devenir (même à soixante ans – bien que je ne les aie pas encore!) ce que je suis ?

  9. Vous voila invité à une sorte de portrait négatif.

    Au début, cela semble un peu bizarre…

    Mais vous verrez:

    c’est beaucoup plus discret,

    et tellement, tellement plus doux

    comme une photo plus sensible…

    Rien, c’est beaucoup

    mieux que tout,

    surtout

    quand il faut dire…

    Aux heures de la psychologie positive quelle exercice difficile de faire un portrait négatif de soi-même. Ok j’accepte le challenge. C’est parti… Qui ne suis-je pas ?
    Je ne suis pas malade. Je ne suis pas folle. Je suis juste moi-même borderline certes. Mais non bipolaire, non je refuse d’avoir une maladie définitive. Je refuse de ranger ma plume, même-si d’ailleurs ce n’est pas une plume arc en ciel mais un clavier. Je ne suis pas quelqu’un de délurée, une jobarde. Je ne suis pas différente. Je n’avais pas trouvé quel sens donné à ma vie. Et vous m’avez mis une étiquette sur le front : Bipolaire. Le masque tombe soit-disant. Je ne veux pas que vous me définissiez, je refuse votre diagnostic. Je ne suis pas à côté de mes pompes ou dépressives. Je ne suis pas perdue. Je ne suis pas compliquée. Je ne suis pas agitée, je ne suis pas un ovni. Je sais ce que je ne suis pas voila tout.
    Les mots me manquent pour me décrire de manière négative.
    Allez je me lance. Je suis angoissée, stressée, à fleur de peau, hyper-active. J’ai une âme d’enfants du haut des mes 25 ans. Je ne fais pas de crise d’adolescence en retard. Ne me prenez pas pour celle que je ne suis pas. Ne me juger pas. J’aspire à être libre, j’aspire à faire mes propres choix et à les assumer. J’ai juste du mal, j’ai juste du mal à gérer un quotidien. Je n’arrive pas à faire ce que le commun des mortelles fait de manière automatique. Je n’arrive pas à me poser cinq minutes et réfléchir cinq minutes au sens que je veux donner à ma vie. J’arrive juste a écrire ce flot de mots, ce flot de maux. Je suis perdue.
    J’ai tourné en bourrique toute la journée pour attendre l’homme que j’aime. J’essaye de faire milles choses en même temps car c’est la seule chose que je sais faire. J’écoute la musique fort, je parle fort, je rit fort, je pleures fort. Je suis bruyante. Je fais des fautes d’orthographe dans mon texte car ça fait tellement longtemps que je n’ai pas écrit. Je suis éparpillée.
    J’essaye d’être parfaite aux yeux de tous, de sourire toute la journée. Alors qu’au fond de moi, j’étais détruite. J’étais cassée. Je le suis encore aujourd’hui. J’ai des cicatrices ouvertes à vifs. J’ai peur de l’avenir. J’ai peur de sombrer, car j’ai déjà sombrer. Du jour au lendemain je me suis retrouvée entre quatre murs blanc. Il a fallu que je me regarde pour de vrai dans une glace. J’ai vu ce que je vois encore aujourd’hui, j’avais des cernes de partout. J’étais épuisée de vouloir faire changer les autres. Je suis épuisée que personne ne me comprenne. Personne ne comprends cette détresse qui est en moi. Personne ne comprends que je suis lasse de vouloir changer pour faire bien. Je suis lasse d’essayer de répondre au code de la société française. Elle me rejette et du coup je suis étrangère partout. Je me sens déconnectée de la réalité. Je me sens seule partout. Même quand je suis entourée je ressens au fond de moi cette solitude. J’ai besoin d’être entourée tout le temps et pourtant aujourd’hui je ne supporte plus ce monde. Je ne supporte plus ces regards sur moi sur mon corps. J’ai l’impression d’être laide. J’ai l’impression qu’il y a écrit sur mon front DÉPRESSIVE et BIPOLAIRE. Derrière mon visage fermée, je souris de l’intérieur. J’ai passé 22 ans à sourire tout le temps. Aujourd’hui j’ai les traits tirés et je ne sais sourire qu’en la présence d’un homme. J’ai le visage fermé quand j’écris ces quelques lignes.
    Je fume clope sur clope, je bois beaucoup trop de café. Je veux faire un régime sec, et je refuse l’effort quand je fais du sport seule. Je veux que tout passe vite, je veux changer de vie vite. Je veux tout faire trop vite, je suis impulsive. J’ai tout le temps envie de tout foutre en l’air. Je vois la vie en noir ou blanc. Le gris ne fait pas partie des couleurs que je connais. Je ne connais pas la sérénité. Je ne sais pas faire doucement. Je vais tout le temps trop vite. Je passe du coq à l’âne dans ce texte comme dans la vie. Un jour tout va mal, et le lendemain tout va mal et le surlendemain tout va bien. Personne ne voit quand je vais bien ou mal. Je fais semblant. Je fais semblant d’être calme alors qu’au fond de moi tout bouillonne. Les gens me qualifient de lesbienne, car je suis masculine. Mais je n’ai jamais été aussi femme que le jour ou j’ai dit à tout le monde aller vous faire foutre je vais passer ma journée en jogging. Mes couches de vêtements me rassurent et me protègent du monde de brut. Je ne peux sortir qu’avec cet uniforme. Cet uniforme qu’une vie d’hôpital m’a imposé. Comment prendre plaisir à s’habiller quand on ne voit personne de la journée et que les seules personnes que l’on voit sont en détresse. J’écris ce texte en écoutant la musique tellement fort que cela me fait mal aux oreilles. La seule façon de rester concentrer sur ce que j’écris est de me mettre dans ma bulle. Bulle qui fait de moi quelques d’autiste sans doute. Cette sensation de n’être pas à sa place. Je suis différente. Je vis mes émotions à 100%. Je passe du rire au larme. Depuis des mois je ne ressens plus rien. Et maintenant que c’est revenu tout le monde voudrait que je me cache. Je ne veux pas vivre caché au contraire. Je suis juste différente, peut être si je l’écris quinze fois dans ce texte je vais finir par le croire.
    Je suis une femme perdue dans une vie tourmentée agitée. Tout le monde me tire par la manche à chaque fois que j’agis, et au lieu de ne pas faire le pantin je me suis laissée embarquée par les autres.

    1. Comme votre témoignage me touche …En plein cœur ! Jai été une femme blessée, niée, comme invisible, longtemps, très longtemps ! Je pensais n’être rien, qu’une pauvre chose traversant sa vie sans rien comprendre de ce monde. Au pire de mes maux, prête à faire couler mon sang pour arrêter tout cela, je suis tombée sur un livre, ou ce livre est venu à moi plutôt, et il m’a transformée. « Au nom du corps » de Caroline Gauthier, m’a réappris à vivre pour moi, à m’aimer telle que je suis, à accepter mes blessures et les dépasser. Et le regard des autres je m’en fous ! Ne vous laissez jamais plus embarquer par les autres, chacun a le droit d’être ce qu’il est sans jugement, sans être cloué au pilori… J’écris aujourd’hui pour cela, pour que chacun puisse s’aimer, vous êtes votre priorité ! Vous avez le droit d’être différente, la différence fait partie de la vie. Je vous assure de toute ma sympathie. Catherine, Emotions de femme.

      1. J’ai adoré vous lire. Je crois me reconnaître un peu dans cette avalanche de sensation que nous arrivons à réunir et redistribuer par les mots.

  10. J’aime cette notion de portrait en négatif, oui cela me parait doux … Je ne suis pas insensible mais bien tout le contraire. Les émotions me transpercent, positives ou négatives, je croise une personne et je prends ses émotions comme un coup de chevrotine dans la poitrine ! Ce fut compliqué à gérer, comprendre, maitriser. Je me suis cru folle …
    Je ne suis pas une personne qui connaisse la méchanceté, la manipulation, la haine, cela m’a joué bien des tours !
    Je ne suis pas stupide. Cela peut paraître prétentieux, mais la bêtise est le pire des maux de notre société. Être inculte n’est rien, on peut toujours apprendre, la bêtise est la porte ouverte aux plus bas de nos instincts.
    L’écriture m’a enfin permis de revendiquer qui je suis, et je l’assume totalement aujourd’hui. Merci à vous, Jean Paul Galibert, d’avoir pris le temps de me lire !

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