Béatrice

Le problème avec l’amour, c’est qu’il est assez capricieux. J’aimais ma mère mais je ne le savais pas.

En effet certains jours, je la haïssais, d’autres jours, je l’aimais un peu plus , mais à présent, je pense à elle tous les jours. Le sait-elle? Le voit-elle de là où elle est?

Il suffit d’aimer pour regretter de n’avoir pas aimé au bon moment.

4 réflexions sur “Béatrice

  1. Malheureusement c’est après la mort de nos aimés, que nous comprenons la valeur du lien qui nous unissait
    Pour répondre à votre question, oui elle le voit, l’âme garde des liens ténus avec ceux qu’elle a aimé

  2. je suis dans le deuil de ma maman, et un eprouvant partage d’heritage avec la fratrie qui se dechire, c’est curieux , je decouvre d’autres gens, mais ils ont tous un probleme vis à vis de la mère, on voit bien que les problemes viennent de l’amour de la mère, la jalousie, face a cela,
    moi je la cherche encore, je n’arrive pas a comprendre qu’elle n’est plus là, et j ai tellement mal en ce moment, oui apres on comprend la valeur du mot amour, mais il etait si évident, qu’on ne se posait pas de question tant que la vie etait la, la personne est eternelle, pourquoi penser qu’elle va mourir ? on fait sans doute un denni de ce moment qui arrivera et quand il arrive ! on aurait voulut plus de temps et les regrets commencent, et on relativise bien des choses, on pardonne meme des choses qui ne nous plaisait pas,, moi je suis toujours dans la sideration de son depart, c’est eprouvant

  3. Ma mère.

    Dans un sens, je pourrais penser à elle tous les jours. Il est fort possible que je pense à elle tous les jours. Il est impossible de ne pas penser à elle tous les jours. Toutes les expériences catharsistiques que je pourrais faire n’arriveront pas à couper le cordon ombilical qui me lie à elle.

    Et pourtant.

    Voilà presque treize ans qu’elle est partie. Aujourd’hui, -l’espace d’une seconde- je me suis surprise à penser que dans l’état d’esprit où j’étais, c’était exactement la personne à qui j’aurais aimé téléphoner. Dans la réalité, bien sûr, elle aurait eu 90 ans bientôt, et de toute façon, elle ne serait sans doute plus de ce monde (bien qu’elle ait eu l’habitude de dire que ce sont les mauvaises graines qui durent le plus longtemps). Donc, par égard pour son grand âge, je ne lui aurais pas téléphoné, ou du moins, pas parlé de mes soucis.
    Mais la personne à qui j’aurais aimé expliquer à quel point je me sentais mal, fatiguée et douloureuse, c’était elle et uniquement elle.
    Mais passons.

    Déjà, il y a mon chez-moi. Mon chez-moi, je le lui dois quelque peu. Pas qu’à elle – à mes deux parents.

    Et puis, il y a la peinture – le dessin. L’art.

    Il est inouï de penser que cela a été une de ses plus grandes passions, qu’elle s’est littéralement suicidée -artistiquement- alors qu’elle avait tous les atouts que je n’ai pas eus, moi, à son âge… Que j’ai hérité de cette passion, qu’elle me l’a transmise (ainsi qu’à mon frère), passion des livres, de la pensée, de la peinture, des belles choses, et que, en quelque sorte, nous n’avons pas vraiment communiqué à ce sujet.

    J’aimais la littérature et la poésie. Elle me répondait: il faut écrire un roman. Je n’ai jamais su écrire de roman. Mon parcours poétique a avorté vilainement…

    Pourtant, nous avons visité des choses ensemble -dont je me souviens tout particulièrement, la galerie des tapisseries de David et Bethsabée, aux Musées Royaux d’art et d’histoire, à Bruxelles, Vasarely, dans les années 70, à l’hôtel Hilton. Des expositions, dans des galeries… Il y a eu des concerts, Les poètes de la Résistance, à la cathédrale Saint-Michel, en 1975, un opéra, « La Traviata », mise en scène par Maurice Béjart…

    Mais il y a aussi tout le magma psychanalytique, le conflit mère-fille, dont je me demande s’il se situe à côté de l’amour mère-fille ou au plus intime, au plus contradictoire de cet amour.

    Derniers moments.

    Je pense que je suis la personne qu’elle a regardée partir, sortir de sa chambre en dernier lieu. La nuit où elle est morte, je n’ai pas dormi, pas bien, j’étais horriblement agitée. Si j’avais su, je serais restée auprès d’elle.

    Après l’enterrement – le début du deuil.

    J’ai demandé à quelqu’un, un collègue psychologue: « est-ce qu’un jour, je ferai mon deuil d’elle? » – « Je te promets que tu feras ton deuil » m’a-t-il répondu, « mais je ne sais pas te dire quand… »

    Qu’est-ce le deuil? La capacité d’être heureux malgré la mort de quelqu’un? Ai-je été très heureuse après sa mort? J’ai eu des moments de grande joie. Que j’aurais aimé partager avec elle, la réussite des études de mon fils, par exemple, l’installation dans mon appartement, ma première exposition, mon premier tableau vendu. Mais tout cela, il y a quelqu’un d’autre avec qui j’ai pu aussi le partager, et lui, il est toujours là, et lui aussi, il vaut la peine que l’on pense à lui, qu’on lui téléphone et qu’on l’entoure d’amour. Lui, c’est mon père.

    Car je crois qu’on ne pense jamais assez aux vivants, quand les morts commencent à s’accumuler autour de nous… Qu’on me pardonne cette conclusion un peu « en queue de poisson », j’ai toujours beaucoup de mal à clore mes textes – genre, en conclusion ouverte…

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