Pascalelafraise

Le temps ne représente rien pour l’escalier sans fin , il passe comme des grains de sable dans un sablier .
Car l’enfant cherche à l’accélérer quand il commence à en saisir la notion et quitte le présent découvrant le conditionnel avant le futur simple. Le vieillard voudrait suspendre son vol et faire machine arrière.
On le voit bien lorsque, feuille à feuille, s’égrène l’éphéméride, relative légèreté de l’être au nom des saints . Serait- ce Eve et ses tentations qui aurait la première créer le trouble temporel de la gravité ouvrant une des portes célestes?
Il suffirait de presque rien pour que le temps s’arrête , l’espace d’un instant, d’un battement de cœur, d’une pulsation quantique, d’une révolution planétaire ou stellaire .

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Silence au creux de la nuit, envie d’échapper à toutes ces images qui se bousculent et s’entrechoquent effaçant , gommant sur leur passage toute sensation, toute émotion humaine. Le vide, le manque de toi, dans cet espace confiné d’un cerveau déconnecté de toute réalité m’embarque dans un désert sans fin où la soif de toi , la faim, le besoin ne trouvera d’apaisement. Franchir la ligne de démarcation entre folie et raison, basculer à l’appel du précipice, de la faille, de la fêlure, de la blessure que nul ne devine et se laisser engloutir dan les abysses , une fois de plus. Décrypter les bruits blancs, le “soupir” en solfège mental, le rien du corps déshabité, déconstruit, déstructuré, éclaté comme schizophrénique représentation d’un soi que personne ne perçoit et que tous utilisent pourtant. Donner à celui ou celle qui en exprime l’envie, le désir, l’impulsion, la sensation d’exister et pourtant, détachée , loin, si loin d’elle, de lui de vous, de toi , de moi.

Silence, arrêt sur image, décryptage, décodage et … Pas un son, pas un pixel, pas un seul bit informatique, pas un clic… Néant , vide intersidéral , borderline , au bord du précipice, bord de l’eau qui se tarit, bord d’un univers parallèle, bord d’elle. Rives et dérives des rimes qui n’arrivent plus à franchir mes lèvres craquelées depuis que tes baisers ne s’y posent plus. Et dans e silence , des acouphènes m’agressent vrillant de leurs chuintements, sifflements, vrombissements , tel un marteau piqueur attaquant le bitume de mon cœur, le béton pas si armé de mon âme. Silence et solitude dans la multitude, dans la foule. Absence de similitude, d’écho, de reflet dans le miroir. S’apercevoir qu’on est déjà mort .

Non ! Une toute petite lueur comme la sortie du tunnel, comme le léger éclat du soleil en surface de l’océan semble encore briller. L’espoir et l’amour universel. Douce utopie, protectrice du seul neurone encore viable avant de me transformer définitivement en zombie, en ombre de moi-même, en pauci relationnelle comateuse , ne ressentant que la douleur et ne réagissant qu’ à cet éclair lumineux que vous envoyez parfois dans mes prunelles pour vérifier la réactivité. Fatiguée d’attendre un signe de toi, fatiguée de me sentir emprisonnée dans une cage dorée. L’oiseau que je suis cherche à déployer ses ailes et s’envoler pour survoler la route terrestre, aller à contre sens des migrations, saluer d’une plume les pingouins, les manchots, les albatros et goélands bretons , les pies et les paons, les faucons et aigles, les flamands roses de Camargue, les mésanges et rouge gorges des jardins et même tous les pigeons et tourterelles.

Capitaine Nemo , sors ton périscope, Pasteur ton microscope, Galilée ton télescope et dans l’anachronisme ambiant, d’un saut de puce, d’un feulement de félin, d’un piaillement de gallinacée, d’une crotte de lapin, d’une empreinte de yéti, d’un poil de chat, d’une queue de renard et d’un œuf de dinosaure , devenir animale. Mon âme, mon cœur, mon corps le réclame.

Rompre la loi du silence des hommes, le poids de leur fantasme, la peur de l’attachement . A quoi? Un poteau, un totem , une pierre, un autel de sacrifice, une voix entendue au hasard des ondes comme le chant dune sirène cherchant à transpercer l’opacité du manque d’amour et cherchant désespérément à perdre sa délicieuse queue de poisson pour de longues jambes féminines qui n’en finissent pas de s’enrouler autour des hanches d’un ectoplasme sans vie, sans envie, exsangue de courage, de franchise, d’honneur. Déshonneur et dégout de tout, de rien comme une passerelle qui aurait perdu un point d’attache justement , un pont brisé au dessus de l’eau troublée par ton silence, ton absence, ton vide de sens . Plus de consensus entre nous.

Me laisser flotter comme bois mort balloté et remanié par les flots des vents solaires ou me laisser couler une fois de plus…Et devoir attendre que les courants océaniques m’emportent jusqu’aux hauts -fonds et que je défaille sous-marine, sous-alimentée, soumise à un seul signe , un seul mot, un seul caractère alphabétique, un seul… Tu seras mon linceul et dans la tombe de marbre où tu me déposeras car point de cercueil en cristal ( me dérober aux yeux des convoitises de tous), quand de terre m’auras recouverte, le silence règnera enfin à jamais.

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Le X procède par absurdité, bêtise, culture, désir, écho. A l’opposé du fou, du geste, de la honte, des indignés, le X se rapporte à une joie qui doit être klaxonnée, littéralement, toujours mélancolique, nostalgique opération de parole, à questionnements et riens multiples avec ses sagesses de terriens.
Le X de cet abécédaire est… le surréalisme.

2 réflexions sur “Pascalelafraise

  1. « Je suis un hémisphère gauche quand je cherche à métamorphoser un calcul rénal en analyse mathématique. Sous le contrôle d’une équation , j’ordonne aux pensées de disparaitre en une stratégique ligne de chiffres . Je décode vos mots en catégories familières pratiquement rangées dans des cases similaires. C’est une certitude. Je suis un hémisphère droit quand , de cette trame vide, j’en rime les notes , j’en trace des pas imaginaires pour qu’un esprit libre enfin quitte cette boite crânienne et s’échappe aux pays des rêves poétiques et des mouvements colorés.
    Car on peut toujours douter de la véracité scientifique et du bon sens à faire des parallèles en longitude , des cabrioles littéraires en platitude et préférer gouter le son d’un rire à celui du canon mettant un certain temps à se refroidir plus vite que la fission à froid à se reproduire .
    Mais jamais je n’oublie de sentir et de décrire ce que les sens de l’abstraction intellectuelle et de la philosophie de vie n’a jamais visualisé par aucun de vos scanner ou I.R.M. Je suis …le pont qui relie chacun de ces éléments et qui font ce que je suis . »
    Qui êtes – vous ?

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